El Diario de Alexander Bonte : ma nouvelle maison à Hem

C'est Mercredi 4 Juin 2008 que je découvre ma nouvelle maison de Hem (au passage pour les sceptiques, je confirme que j'ai super bien voyagé en voiture de Paris à Lille).

Je suis tout excité par tout ce que je découvre , ma chambre, mes jouets, les nouveaux bibelots que je fais tomber et casse...Même pas affecté par le décalage horaire, je suis super content.


Le soir, je prends mon premier repas hemois - mon premier repas "fait maison" en fait : là aussi, je subjuge mon public en mangeant ma soupe de légumes ...avec délectation, si, si !

Retour en France !

Le dernier "marathon" s'est couru ce Mardi 3 Juin : dans la même matinée, finir les valises, faire les dernières courses de souvenir pour Anne France et Annalou, récuperer le visa à l'ambassade de France à 11h00 pour Maxime et Alexander et partir impérativement pour l'aéroport à 13h00, eu égard les contrôles douaniers. La chance est avec nous : Maxime et Alexander récupèrent le visa en 15 mn à l'ambassade (temps record) et Manuel, notre super sympathique chauffeur de taxi, peut donc nous emmèner à notre avion à l'heure prévue.


Le voyage se déroule sans soucis (gros dodos des enfants !) et un super comité d'accueil nous attend à Roissy. Alexander, drapé avec sa soeur dans un drapeau colombien, découvre sa nouvelle famille en "3D" : abuelos, tios, primos...Joies et bonne humeur.

Séjour à Bogota : suite (et fin)

Nous aurions pu imaginer passer un moment un peu moins agréable à Bogota : le froid de l'altitude - et l'absence de pistoche ! - les démarches administratives, le stress de la capitale, sa taille, et la difficulté de s'y mouvoir facilement, l'inconnu... Eh bien, il n'en fut rien !
Nous avons en effet retrouvé un logement dans notre hôtel des premiers jours à Bogota, "El Portal", et nous n'avons pas eu le temps de dire combien cet établissement - en fait une pension de familles plus qu'un hôtel - est sympathique, à l'image de sa "dueña Claudia", la propriétaire vigilente et attentionnée des lieux.


L'établissement, qui semble d'exterieur une maison bien barricadée et barbelée (comme toutes ici), est capable d'accueillir simultanément 5 à 6 familles adpotantes, qui sont à en lire le "libro de oro" exclusivement ou italiennes, espagnoles ou françaises.Nous confirmons cette statistique (les enfants sont tous colombiens...à part Anna Lou bien sûr !). Très vite, promiscuité et communauté d'intérêt aidant, nous faisons connaissance, comparant nos experiences juridiques et géographiques (à l'instar d'Alexander, les enfants peuvent venir de toutes les provinces du pays). On s'y trouve "como a casa" et s'il n'y a pas de piscine, il y a suffisamment d'espaces de jeux pour abriter les cris (de joie - et très éventuellement de disputes) des enfants jouant ensemble.












Le "communautarisme linguistique" joue à plein et c'est aussi entre français que l'on se retrouve facilement pour organiser quelques sorties ici et là. C'est ainsi que nous avons visité, outre Bogota centre et des musées (article antérieur), le ranch "panaca" qui abrite, soigne, promeut, élève et collectionne toutes sortes de races de quadrupèdes équidés, bovidés, ovidés, porcidés mais aussi canins et gallinacées (rarement quadrupèdes il est vrai). C'est l'occasion d'y suivre des spectacles de dressage, d'y apprendre (ou réapprendre) à traire des vaches mais aussi, pour Annalou, de faire une ballade en canasson. Eh oui, elle en est plus que "fan" et nous ne coupons pas à l'inscription dans un club d'équitation à la rentrée ...


Un autre jour nous avons visité la Cathédrale de Sel de Zipaquira qui est une Eglise construite dans le rocher de sel, à 180m sous sol. On y descend par un chemin de croix lui aussi sculpté dans la pierre. Moins ludique que les animaux, cette visite n'entame pas la bonne humeur des enfants, patients et amusés par cette ballade dans le noir bleuté.

Ces expéditions (en taxi jaune bien sûr !) sont l'occasion de s'arrêter en chemin à quelque point d'interêt photographique...C'est ainsi que nous retrouvons Anne France, Annalou et Alexander danser une ronde aux sons des flûtes de pan, sur la place de Zipaquira. C'est dans un autre village que nous découvrons ou redécouvrons cet autre monument de la gastronomie rapide colombienne : l'obleas, gaufrettes fourées à l'"arequipe", sorte de crême de lait, confiture et fromage (optionnel). C'est délicieusement hyper sucré ou, plus exactement, hyper sucrement délicieux !

¡ El Diario de Alexander Bonte : un mes !

Le 28 Mai j’ai fêté mon premier mois dans la famille Bonte…déjà ! Je crois qu’on peut dire qu’il ne me faut pas plus pour y être bien intégré. J’ai MES parents, qui me font plein de bisous et dont j’adore les bras et MA grande sœur, dont j’aime la complicité pour faire les fous fous (ici avant de se coucher) et avec qui j’aime également me chamailler : il ne me déplaît pas en effet de la provoquer, et souvent ça marche…jusqu’à intervention de l’arbitre. En tout cas, quand je n’ai plus ma grande sœur dans mon champ de vision, je la réclame.
Dans ma nouvelle famille , je peux mettre à profit tous mes talents de comédiens qui me permettent de survivre dans le monde des « grands ». Posture numéro 1 : le sourire façon Brad Pitt, qui me permet d’en extorquer aussitôt plusieurs de ma maman. Posture numéro 2 : imitation du danseur – joueur de guitare (attention : il faut la musique – salsa c’est bien) : mon public adore. Posture numéro 3 , la maladie imaginaire : quand un mets me déplaît, j’ai alors mal au ventre (« me duele la barriga »), le tout accompagné d’une grimace plaintive…mais ça ne marche malheureusement plus très bien. Posture numéro 4 : quand je dois affronter une fin de non recevoir suite à quelque revendication pourtant bien légitime : je boude. Mes parents disent alors « tiens la machine à faire du boudin s’est remise en marche. Je vous en mets combien de mètres etc.. » .Ca les fait beaucoup rire…moi pas ! Posture numéro 5 : en cas de transgression des règles, je vais au coin (que mes parents ont traduit maladroitement « a la esquina »). Il m’arrive – rarement je vous rassure - de devoir faire une « doble esquina », suite à transgression répétée pour motif identique. A noter que je fais montre d’ une grande capacité de passer d’une posture à l’autre : sourire angélique après mal de ventre infructueux etc…
J’adore me laver les mains et les dents, et il m’arrive de devoir faire preuve d’ingéniosité technique pour arriver à assouvir cette passion qui pourtant m’honore (ci-joint à mes risques et périls)… Bon, en fait, ce que j’aime, c’est surtout jouer avec les robinets d’eau que je fais couler à fond et longtemps. Je mets mes doigts à la sortie et ça éclabousse en plus ! Je suis un homme d’eau : je vais assouvir mes besoins primaires 10 fois par jour (« tchi tchi » !) et, à chaque fois, je fais aller 4 fois la chasse d’eau. Tout cumulé, il me faut 1m3 par jour (rappeler à mon papa de prévenir la Générale des Eaux en rentrant)

Les récits de mon papa sur le blog ont beaucoup raillé mon incapacité à retenir ce qui est dans mon estomac après une demi heure de taxi (« no me gusta el taxi »). C’est injuste ! C’est vrai : à l’arrière d’une voiture assise sur des amortisseurs de plus de 300 000 km, parcourant une route non goudronnée, qui ne fait que des zig zag…j’aimerais vous y voir ! Sinon, je raffole de tout ce qui a 4 roues (mon papa aussi c’est cool), jouets, manège, course de voitures à la télé…. J’ai une tendresse toute particulière pour le chiva, ce vieux bus traditionnel multicolore, sans fenêtre, qui fait le bonheur des touristes dont je suis (« vamos a la chiva oh oh oh oh oh »).
Mon deuxième mois sera marqué par mon arrivée en France (prévue le 4 Juin), la découverte de mes grands parents, mes « tonton » et mes « tatas » (ils vont adorer que je les appelle comme ça), mes cousins et cousines, des copains et copines, ma nouvelle maison, ma chambre, la cuisine de ma maman (« au retour, cure de légumes », aïe)… Et le tout en langue française : je ne vais pas non plus m’ennuyer.

Musées à Bogota

Nous voici à Bogota pour la dernière ligne droite administrative, et cela se passe plutôt pas mal. Nous aurons le visa d’Alexander à temps. Entre quelques démarches obligatoires, nous avons saisi l’occasion de faire une visite éclair dans le centre historique de Bogota. Premier constat : c’est super loin ! La ville est gigantesque et toute en longueur : il nous faut 45 mn de taxi, donc maîtriser le « mal être » automobile et gastrique d’Alexander qui ne tarde pas de se profiler, passée la demi heure. Le trajet n’est pas sans intérêt car emprunte un boulevard extérieur, à flanc de cordillère qui nous donne des points de vue majestueux sur la ville tentaculaire.
Arrivés dans le centre par la « Candelaria » (quartier conservé de l’époque espagnole), nous fonçons vers le musée « Botero », ce dernier a fait une donation à son pays avec une très belle collection de peintures et de sculptures, ainsi que le musée« del Oro », ou du moins une reconstitution partielle et provisoire pour cause de travaux.
Quelques constats s’imposent à nous : d’abord, la qualité des œuvres exposées est réelle (impressionnistes, Dali…).Le bâtiment les accueillant est lui-même charmant. Ensuite, découverte : Botero n’est pas qu’un sculpteur, c’est aussi un dessinateur et un peintre prolifique (celle-ci est dédiée à Alice). Enfin, la permanence du style Botero reconnaissable à ses sujets bien ronds et en chair …n’est pas sans faire écho aux habitudes alimentaires de ses compatriotes (voir rubrique gastronomique) ! Puis, le passage rapide au musée de l’or confirme que la Colombie fut bien l’ « El Dorado » que l’on dit. Les populations indigènes en maîtrisaient la façon avec grande délicatesse.
Nous fonçons (tiens, on s’essouffle vite…l’altitude) vers la place principale, qui s’appelle…la Plaza Bolivar bien sûr (bravo dans le fond. Nos fidèles lecteurs avaient bien sûr trouvé la réponse) ! Cette place de forme rectangulaire, centre historique de la cité, est entourée des « édifices du pouvoir » : la mairie de Bogota, la chambre des représentants et le sénat, la cathédrale, le palais de justice (au style plus moderne). Il ne manque que le palais de la Gobernacion (région) et le palais présidentiel d’Alvaro Uribe, qui est situé à 100 m de là. Voulant photographier cet édifice de trop près, Maxime déclenche les foudres immédiates des gens en uniformes, relativement nombreux et visibles dans ces quartiers.
Au rythme des derniers papiers à demander, obtenir, corriger, signer…nous décomptons les jours restants mais nous profitons au mieux de ces derniers (excursion prévue Dimanche !)

Merci Mahaut

...pour les beaux dessins que tu as envoyés à Alexander. Il te transmet en retour de gros bisoux

Hasta luego, Bucaramanga

C'est 1 mois exactement après la rencontre avec le "petit bonhomme-fripouille-payasito-chouchou" (exercice pour Anna Lou : avec 4 surnoms en un mois, combien il y en aura t il au bout d'un an ?), ce 28 Mai que nous quittons Bucaramanga avec une pointe de nostalgie. C'est vrai, on se sentait "comme chez nous" à l'hôtel San Juan (avec, en plus de "chez nous" , 25 mètres de pistoche, du soleil, du personnel et un service permanent de bar, restaurant, blanchisserie, conciergerie etc ...) !

Donc, au revoir Bucaramanga , dans laquelle nous y avions nos repères, que nous avons sillonnée à moults reprises par nous même, que nous avons trouvée paisible et accueillante. Les "Bucaramangais" que nous avons croisés sont simples dans la relation, chaleureux,bosseurs, gentils, efficaces, serviables, pragmatiques,...

Au revoir la chambre 301 qui, telle une charge de notaire, se transmet (mais pour moins cher) d'adoptants à adoptants . Avantage de la dite "habitacion": 2 chambres (séparation du "législatif " et de l'"executif") et proximité du bar restaurant et de la pistoche (surveillance panoptique maximale des ninos qui adorent les aller-retour incessants).

Au revoir tout le personnel super mega gentil de l'hôtel San Juan de Giron et au revoir les familles adoptantes que nous y avons croisées : les démarches conjointes permettent de se refiler "les bons tuyaux" et multiplient les occasions de boire ensemble des Cuba Libre, Pina Coladas, Alexander (c'est le nom du cocktail), pour fêter telle "entrega", telle "sentencia" etc...

Des remerciements tout particuliers, aux équipes du Bienestar Familiar (équivalent de notre Dass), qui fait un travail remarquable d'efficacité pour donner des familles aux enfants qui en ont besoin, à notre sympathique et ultra professionnelle avocate de Bucaramanga, Myriam Yolanda, à Fernande Menet (famille de Banban ?!), son mari Alvaro au cursus exceptionnel,à leur fille Marie qui a initié Anna Lou au cheval "Paloma", et à "Don Yovani", non avare d'autres bons tuyaux, le taximan préféré d'Alexander
Faisons un voeu : avant 10 ans, nous retournerons dans la ville natale d'Alexander !...
Donc bonjour Bogota, et bonjour "El Portal", hotel-auberge particulièrement adapté aux familles à enfants (salle de jeux, sécurité maximale...). On nous a annoncé tellement de froid que nous sommes agréablement surpris par la température (mais nous sommes lillois-bretons, c'est plus facile). En tout cas, ce ne sont plus les vacances : il faut accélérer les dernières démarches administratives (traductions, apostilles, demandes de visas) pour rentrer en France dès que possible :nous visons le 4 Juin...

Chicamocha !

Voilà un nom qui danse ! Ce nom indigène désigne d’abord ici une rivière qui serpente dans les Andes orientales, y creusant un magnifique canyon. C’est ce patrimoine naturel que les colombiens ont souhaité mettre en valeur, en créant le parc national de Chicamocha (« Panachi ») situé en altitude et surplombant magnifiquement le relief creusé par le fleuve depuis des milliers d’années.
Pour y aller de Bucaramanga : on nous annonce 1 heure, parfois 1 heure 15….mais il faut en fait compter 2 heures de voyage, en taxi (voir article précédent …pour nous c'est une R9 vieillissante), à absorber les virages incessants de la route et les fumées toxiques des gros « mulas » (camion), que l’on finit par doubler dans des conditions inimaginables chez nous. Les chèvres croisées sur la route ne suffisent par à divertir Alexander dont le petit déjeuner atterri une première fois, par chance, dans un sac plastique, et une deuxième fois sur le pantalon d’Anne France.
Puis du paysage surgit soudain au détour d’un lacet le parc, « agrippé » sur le flanc de la montagne. En fait, le parc est en soi une ascension dont les paliers – de décompression- proposent divers activités éclectiques (et bien sûr payantes !). Annalou apprécie particulièrement le « trampoline à élastique » (n’ayant pas trouvé de mot plus précis pour décrire ce « sport », se reporter à la photo) ou la ballade à cheval éclair (pas le cheval mais la durée de la ballade), Alexander aime faire du « papa » (sur les épaules) pour monter ,ne déteste pas les glaces (en prévision de la route du retour) mais aussi les statues, Anne France s’est émerveillée du site (« c’est hyper pro »), de la vue 360° sur les Andes qu’il propose, son intégration à la nature, le musée consacré aux indiens d’ « avant », les Guanes, quant à Maxime, il n’a pas résisté à la tyrolienne géante, parcours sur câble suspendu entre le sommet du site et un autre en contrebas (retour à moto, cool !). Tous ont apprécié les autruches (pourquoi sont-elles là, c’est un mystère, mais c’est rigolo), le restau (viande et yucca) et l’ouvrage majestueux du « palier médian » : un bateau et son équipage partant à la conquête de la liberté (contre les espagnols en l’occurrence).
Ce parc a été inauguré par le Président Uribe lui-même en Décembre 2006. Des agrandissements sont prévus (téléphérique, hôtel…) et les colombiens ont raison d’être fiers de ce type d’initiative : cela signifie aussi qu’en Colombie, on pense à l’avenir, on sait accueillir les touristes qui ne manqueront pas de venir quand ils constateront les progrès récents et fulgurants du pays.
Quant à Alexander, il a finalement gardé son repas et dormi toute la route du retour…

Force Jaune !*

Il y a des choses qui marchent très bien en Colombie. Sur le podium, nous mettons incontestablement le service des taxis. Les petites voitures jaunes qui sillonnent les agglomérations sont toujours disponibles, jour et nuit : 10 secondes pour avoir un taxi en centre ville, c’est presque long ! (messieurs mesdames les parisiens : rêvez !). Il suffit que vous vous arrêtiez pour contempler un panorama pour qu’aussitôt cela soit interprété comme une recherche de taxi !
Pratique donc et pas trop cher. Payé à la course, un taxi peut aussi se louer à l’heure pour environ 15 000 pesos (6€). Il est l’occasion d’échanger avec le chauffeur (très bon pour l’espagnol), qui ne manque pas de nous faire visiter les lieux parcourus.
Les taxis sont majoritairement des petits Chevrolet ou Hyundai pour les plus récentes…parfois des Renault Symbol (Clio à coffre) ou des vieilles R9 survivantes. Les voitures chinoises arrivent également. Ces petits pots de yaourts à 5 portes sont « très grands à l’intérieur » : la photo ci jointe vous fait deviner comment on y entre à 5 adultes et 4 enfants , finalement de la même manière qu’on met 4 éléphants dans une 2CV !
Un dernier mot sur les bus : eux aussi marchent très bien, ils sont encore moins chers, fortement décorés, ils s’arrêtent à la demande et il y en a partout. Reste juste pour l’étranger à comprendre quel est celui qui faut prendre sans se tromper…

* Ce titre est dédié à tous les (nombreux?) fans de SanKuKai

Alexander est un Bonte Bouillet !

Ca y est : la signature de la « sentencia » a eu lieu ce Jeudi 22 mai 2008 à 15h00 dans le bureau du juge : Alexander est juridiquement notre enfant ! Anna Lou est depuis la veille super contente qu’Alexander devienne « vraiment » son petit frère.
Après avoir lu l’acte d’adoption, le juge nous a reçu dans son bureau, et nous a redit avec ses mots (traduits par une interprète officielle « obligatoire ») combien il compte sur nous pour faire grandir l’enfant, dans un bon climat intellectuel, moral et sans violence. Il constate que nous avons déjà un enfant …ce qui présume de notre « connaissance » du métier de parents (merci Anna Lou !).
Tous les adoptants ne sont pas reçus par le juge et certains se contentent même de faire signer l’acte à un guichet. Quant à nous, nous avons apprécié la solennité de ce rendez vous. Le juge, certainement non coutumier de la chose, a même acquiescé à notre demande de pouvoir faire une photo. C’est d’ailleurs en la regardant que Maxime s’aperçoit qu’il avait gardé ses lunettes de soleil durant tout l’entretien. Photo + lunettes de soleil..de vrais touristes ceux-là !
Le juge ne nous en a pas tenu rigueur, nous félicite, et nous quitte d’une sympathique poignée de main. Alexander préfère lui taper dans la main ainsi tendue, style « donne m’en cinq » …. C’est « cool » ! (oups , on avait montré ce jeu à Alexander quelques jours avant)
A partir de maintenant, nous accélérerons notre « production administrative » : nous modifions ce Vendredi son Registre d’Etat Civil, pour ensuite faire une demande d’émission de passeport à son nouveau nom de famille. Tout cela partira ensuite à Bogota pour, après légalisation de l’acte signé aujourd’hui, faire notre demande de visa à l’ambassade de France (3 jours ouvrés). Nous sommes donc à Bogota la semaine prochaine (au revoir petites fourmis grillées de Bucaramanga). A suivre et surtout…
Vive Alexander Bonte Bouillet !

Des choses que l’on mange ici (et pas forcément chez nous)

A la lumière de notre courte expérience, voici quelques « notes gastronomiques » forcément subjectives et incomplètes (dédiées à Chanchan et Lili, admirables cordons bleus de Bretagne)
Préambule volumique : de notre point de vue, les colombiens aiment bien manger …et en grande quantité. D’ailleurs, les colombiens (que nous croisons dans les hôtels) nous ont parus plutôt bien portants. Ainsi que les colombiennes qui exhibent leurs formes sans complexes…Conséquence de tout cela : nous avons donc pris l’habitude de commander nos menus « media porcion », ce qui nourrit largement un organisme « media actif » (à part la pistoche peut être)
Un repas (dont le petit déjeuner éventuellement) peut commencer par une soupe (crema ») contenant beaucoup d’ingrédients (viandes, légumes; oeuf...), bien sûr sans oublier la crème fraîche, garantie calorique certaine. Celles que nous avons goûtées ont toujours été délicieuses (et nourrissantes)
Le plat principal, goulument approché par l'individu ci-joint qui se reconnaitra, est souvent fait de viande -bien cuite ou grillée- de poulet ou de poisson. Outre les accompagnements connus et parfois combinés (riz + patatas fritas), notons l’apparition du yuca (racine genre pomme de terre) ou de la banane planta frites, sans oublier la salade de légumes (dont les avocats qui sont ici formidables).
A ces latitudes, les fruits sont rois et nombreux. Le VRAI jus de fruit (au lait plutôt qu’à l’eau) fait partie de la table ; la salade de fruits assurément aussi (pourquoi pas en entrée). S'il y a les nombreux fruits connus (bananes, fraises…), d’autres sont des découvertes pour nous - outre le guanabana, nous avons fait connaissance avec le uchuva, le guyaba, le lulo (photo ci-jointe), le zapote, la goyave, la papaye, la mangue… Certes, ces derniers ne nous sont pas complètement inconnus, mais ils n’ont aucun goût chez nous alors qu’ici, ils sont à tomber par terre. Idem pour l’ananas que nous avons dégusté tout juste récolté en nous arrêtons aux abords d’une plantation : délicieux !

Le « snacking » est bien sûr présent dans les rues. Outre les vendeurs de fruits omniprésents (gros succès de l ‘énorme avocat avec du sel), il est facile de se restaurer d’une « empanada » (beignet fourré à la viande, au fromage, au riz…), d’une arepa (galette de maïs) au fromage , de brochettes de viande, de maïs…

Nous avons oublier beaucoup de choses (que les colombiens nous pardonnent) mais nous ne fermerons pas ce petit journal culinaire sans parler de LA spécialité qui fait la renommée de la province dont Bucaramanga est la capitale ("le caviar de Santander") : la hormiga culona…c'est-à-dire, une grosse fourmi grillée. Ce Mardi, la une de El Tiempo titrait d’ailleurs l’interdiction par les services vétérinaires barcelonais de commercialiser des hormigas grillées : décidément, nous, européens, nous ne savons plus vivre …ou mourir de manière originale. Nous l’affirmons pourtant, test effectué : à l’apéritif (et en fermant les yeux) , ce met s’avère tout à fait comestible (genre petit biscuit apéro extrudé, avec un arrière goût de quelque chose, mais ça va..).Promis, on essaie de vous en ramener !

Estancia en Cartagena

Ca y est : nous sommes de retour à Bucaramanga après 4 jours très agréables sur la côte. Le voyage s’est plutôt bien passé, même si Alexander a « rendu son 4 heures » dans l’avion Bogota Bucaramanga. Mais, notre petit bonhomme a repris rapidement du poil de la bête.
Cartagena, c’est d’abord l’étonnement et l’enchantement de la vieille ville, que le voyageur arrivant devine derrière les murailles. Un architecture travaillée et colorée dépasse des murs d’enceinte et donne l’envie pressante d’aller voir de plus près, une fois les bagages déposés à l’hôtel.
C’est une « Venise des Caraïbes » (Anne France) que nous découvrons : une ville de plusieurs siècles magnifiquement conservée, vivante et colorée (ocres, rouges…). S’il n’y a pas les gondoles, les calèches à chevaux font le bonheur des grands, des petits (Anna Lou raffole être aux commandes à côté du « chauffeur »)…et de leur propriétaire sans doute. Cartagena, c’est une ville où l’on s’y sent bien et en sécurité (la police touristique veille), on prend plaisir à y flâner de jour comme de nuit.
Point trop de discours, les photos parlent davantage : outre le diaporama ci-joint, on ne peut qu’inciter à revoir les photosbeaucoup plus belles (c’est l’appareil, c’est évident)- de Cartagena prises par nos amis Motte lors de leur passage en Mars. Alors, ça donne envie non ?
Cartagena, c’est aussi la chaleur, que nous redoutions mais qui fut rendu fort supportable par un vent puissant et permanent. En revanche, gare aux pieds nus sur le sable : c’est ultra brulant. (nb pour les amateurs de sable qui se sont signalés : nous n’avons pas oublié !).
Du sable à la mer, il n’y a qu’un pas (et 17 vendeurs de montres, bracelets, lunettes, massages, tressage de cheveux, jus de fruits, T-shirts…) que nous avons franchi avec bonheur : nous glissons alors dans un bain à la tiédeur exquise, les vagues en plus. Alexander a apprécié – progressivement - la nouveauté de l’eau salée qui éclabousse toute seule (et dire qu’il ne sait pas encore qu’en Bretagne, c’est avec 12° en moins)
Cartagena, c’est aussi la 5ème ville du pays et forcément très étendue bien au-delà de la « antigua ciudad ». Nous y trouvons tous les contrastes d’un paysage urbain : les bidonvilles près de l’aéroport ou dans les hauteurs de la ville, la puissance d’un des premiers ports (sinon le premier) de commerce de Colombie et les porte containers géants qui sillonnent la baie, les buildings à touristes de la presqu’île de Bocagrande (où nous logions aussi d’ailleurs). Ces barres d’immeubles sans charme trahissent l’ « usine à touristes » qu’est aussi Cartagena et nous nous sommes félicités de l’avoir visitée en saison creuse. En revanche (et contrairement à la côte d’Azur ?), nous avons toujours croisé des gens très gentils, serviables, non agressifs…agréables quoi !
Outre qu’il fasse beaucoup plus chaud qu’à Bogota, ici, on est aux caraïbes : on parle pas tout à fait pareil (cela ne nous facilite pas la tâche), les peaux y sont plus noirs, on y danse et mange « façon créole ». Y compris pour les colombiens, Cartagena, c’est un vrai dépaysement !

Une petite histoire de Cartagena : de la conquête espagnole à l’indépendance avec ses quelques héros…

1533 : Pedro de Heredia est envoyé par la couronne espagnole pour fonder un port de commerce « Cartagena de Indias » sur la mer des Caraïbes, afin de compléter le dispositif logistique qui permet de collecter les denrées des colonies vers la « maison mère ». Il trouve l’endroit idéal et s’y installe.
Coup de bol : l’arrière pays regorge de richesses (or, émeraudes…) qu’il est facile d’obtenir auprès des populations indigènes (en fait, on ne leur demande pas). Du coup, Pedro trouve l’endroit encore mieux et sa petite entreprise devient vite grande.

1552 : un incendie détruit la ville faite en bois. Pedro de Heredia (qui est plus que jamais gouverneur de Cartagena) demande qu’on reconstruise tout en briques et tuiles. C’est cette heureuse décision qui nous permet de contempler encore aujourd’hui la vieille ville magnifiquement conservée.

1610 : La couronne espagnole ne manque pas d’exporter ses « traditions », et en particulier l’Inquisition dont Cartagena devient le centre « actif » de la région. Les guides aiment bien souligner néanmoins que celle pratiquée ici fut plus « douce » qu’en Espagne (pas difficile) ! En tout cas, le musée de l’Inquisition que nous avons visité ce Jeudi ne manque pas de détails sur les différentes manières d’extirper l’aveu d’hérésie.

Autre cadeau royal en ce début de XVIIe s : la même couronne octroi à Cartagena le privilège (sinon le monopole, à partager avec Veracruz au Mexique) du commerce des esclaves. Comme il n’y avait plus d’amérindiens à exploiter (décimés par les colons ou plus simplement par la rougeole), il s’agissait donc de commerce d’esclaves noirs importés d’Afrique, dont Cartagena devient une plaque tournante. En 1654 meurt San Pedro Claver, jésuite de son état, connu comme l’”esclave des esclaves” car ayant compati et travaillé pour la cause de ceux-ci (décidément ces jésuites sont turbulents). L’église et le couvent portant son nom font l’objet d’une très belle visite (pour nous ce Vendredi)

En résumé, nous avons l’équation : accumulation de richesses + accès maritime + main d’œuvre pas cher = explosion économique. Cartagena devient le « coffre fort » des colonies espagnoles.

Bien sûr, toute cette richesse attire les convoitises des « pirates », plus ou moins en missions recommandées par les puissances concurrentes, c’est à dire les eingliches mais aussi quelques français. Le principe général est : le « pirate » vient avec des bateaux assiéger la ville, la pille ou la rançonne, la ville renforce ses fortifications, le pirate suivant revient avec plus de bateaux etc… Un pirate célèbre de ce XVIe : Francis Drake dont le nom, à la Black et Mortimer, est facile à retenir.

1741 : l’amiral Vernon, un sujet de sa majesté britannique, assiège la ville avec plus de 220 bateaux, armés jusqu’aux dents ! Là on rigole plus. Forcément, il arrive à prendre des positions sur la ville…mais bute sur la dernière, une forteresse …justement bien renforcée « au cas où » (visite intéressante ce Mercredi à bord d’un « Chiva »). De plus, non à jour de leurs vaccins, les assaillants sont frappés par des maladies locales. Résultat : victoire de la défense, pourtant numériquement plus faible ! Leur vainqueur, l’amiral Blas de Reso , qui a perdu son dernier bras dans la bagarre (il n’avait qu’un seul bras, un œil et une jambe avant) devient une légende. Dans son cas, le « détachement » est plus que jamais un terme militaire !

1811 : profitant du foutoir mis par Napoléon en Espagne, les Cartagenois déclarent leur indépendance (comme d’autres sur le continent)…Trop tôt ! Les Espagnols ayant remis de l’ordre chez eux reconquièrent en 1815 ce territoire (pas dans la douceur d’ailleurs…6000 morts). Il faut donc attendre la libération de l’Amérique du Sud par Simon Bolivar pour que Cartagena trouve son indépendance définitive en 1821 . Au passage, Simon Bolivar, c’est le De Gaulle Sud Américain puissance 100, le héros continental, le libérateur de l’Amérique du Sud, un super CV quoi ! Pas une ville ne porte une place Bolivar, des rues Bolivar etc…
Voilà pour ce petit panorama historique. Bonne nuit à tous (pour ceux qui ne se sont pas endormis avant).

Petit message en image...

...de la part des élèves de la classe d'Anna-Lucia à notre Dame de Lourdes :
Reviens Annalou ! Regarde : l'école c'est pas si terrible ! (et chez nous aussi il fait chaud)

El Diario de Alexander Bonte: Semana 3

Buenos, Amigos !
J’attaque depuis ce Lundi ma 3ème semaine « Bonte » et on peut dire que je m’adapte plutôt bien. Par exemple, il m'arrive de plus en plus d'obéir à mes parents sans qu'ils s'y reprennent... J'ai compris que c'était meilleur pour l'"ambiance" (et ça m'évite de prendre trop de risques).

Il m’arrive de "capter" le sens de ce que ma famille raconte en français mais surtout je sais bien maintenant interpeller mon « Papa » et ma « Maman ». Pour l’essentiel, on continue bien sûr de se parler en Espagnol…et là, c’est moi qui leur apprends des mots. Au passage, j’apprécie que ma « hermanitanalucia » ait assimilé quelque vocabulaire pour pouvoir converser avec moi (c’est fou ce qu’elle retient vite)

Je ne sais pas ce que font mes parents dans la vie. Je crois qu’ils sont maître nageurs ou bien qu’ils font vacanciers professionnels : depuis que je les connais, on n’arrête pas de faire des visites ou bien de se baigner dans une pistoche ! Promis, il faut que je me renseigne.
Tiens, justement, ce Mardi 13 Mai, j’ai fait mes baptêmes de l’air et de mer le même jour : nous sommes partis en avion jusqu’à Bogota, puis avons redécollé vers Cartagena, au nord de la Colombie. Outre les consignes de sécurité récitées par des gentilles hôtesses,blasées de l’exercice, c’est donc également la première fois que j’ai vu les vagues (des Caraïbes en l’occurrence) et le sable fin (directement dans les yeux).

Au début, je n’aimais pas trop l’avion : notamment l’obligation de s’attacher ou bien l’interdiction, par mon papa, de toucher compulsivement, comme j’aime le faire, à tous les boutons (aération, lumière gauche, lumière droite, appel hôtesse, aération, etc..). Mais après, impeccable : j’y ai même bien dormi. Me voilà fin prêt pour le grand voyage transatlantique prévu début Juin .
Je l’ai appris grâce à mon livre « électronique » que mes parents ont amené de France, je vous dis donc : « à bientôt » pour la suite de mes aventures.