1533 : Pedro de Heredia est envoyé par la couronne espagnole pour fonder un port de commerce « Cartagena de Indias » sur la mer des Caraïbes, afin de compléter le dispositif logistique qui permet de collecter les denrées des colonies vers la « maison mère ». Il trouve l’endroit idéal et s’y installe.
Coup de bol : l’arrière pays regorge de richesses (or, émeraudes…) qu’il est facile d’obtenir auprès des populations indigènes (en fait, on ne leur demande pas). Du coup, Pedro trouve l’endroit encore mieux et sa petite entreprise devient vite grande.

1552 : un incendie détruit la ville faite en bois. Pedro de Heredia (qui est plus que jamais gouverneur de Cartagena) demande qu’on reconstruise tout en briques et tuiles. C’est cette heureuse décision qui nous permet de contempler encore aujourd’hui la vieille ville magnifiquement conservée.

1610 : La couronne espagnole ne manque pas d’exporter ses « traditions », et en particulier l’Inquisition dont Cartagena devient le centre « actif » de la région. Les guides aiment bien souligner néanmoins que celle pratiquée ici fut plus « douce » qu’en Espagne (pas difficile) ! En tout cas, le musée de l’Inquisition que nous avons visité ce Jeudi ne manque pas de détails sur les différentes manières d’extirper l’aveu d’hérésie.
Autre cadeau royal en ce début de XVIIe s : la même couronne octroi à Cartagena le privilège (sinon le monopole, à partager avec Veracruz au

Mexique) du comme

rce des esclaves. Comme il n’y avait plus d’amérindiens à exploiter (décimés par les colons ou plus simplement par la rougeole), il s’agissait donc de commerce d’esclaves noirs importés d’Afrique, dont Cartagena devient une plaque tournante. En 1654 meurt San Pedro Claver, jésuite de son état, connu comme l’”esclave des esclaves” car ayant compati et travaillé pour la cause de ceux-ci (décidément ces jésuites sont turbulents). L’église et le couvent portant son nom font l’objet d’une très belle visite (pour nous ce Vendredi)
En résumé, nous avons l’équation : accumulation de richesses + accès maritime + main d’œuvre pas cher = explosion économique. Cartagena devient le « coffre fort » des colonies espagnoles.
Bien sûr, toute cette richesse attire les convoitises des « pirates », plus ou moins en missions recommandées par les puissances concurrentes, c’est à dire les eingliches mais aussi quelques français. Le principe général est : le « pirate » vient avec des bateaux assiéger la ville, la pille ou la rançonne, la vill

e renforce ses fortifications, le pirate suivant revient avec plus de bateaux etc… Un pirate célèbre de ce XVIe : Francis Drake dont le nom, à la Black et Mortimer, est facile à retenir.
1741 : l’amiral Vernon, un sujet de sa majesté britannique, assiège la ville avec plus de 220 bateaux, armés jusqu’aux dents ! Là on rigole plus. Forcément, il arrive à prendre des positions sur la ville…mais bute sur la dernière, une forteresse …justement bien renforcée « au cas où » (visite intéressante ce Mercredi à bord d’un « Chiva »). De plus, non à jour de leurs vaccins, les assaillants sont frappés par des maladies locales. Résultat : victoire de la défense, pourtant numériquement plus faible ! Leu

r vainqueur, l’amiral Blas de Reso , qui a perdu son dernier bras dans la bagarre (il n’avait qu’un seul bras, un œil et une jambe avant) devient une légende. Dans son cas, le « détachement » est plus que jamais un terme militaire !
1811 : profitant du foutoir mis par Napoléon en Espagne, les Cartagenois déclarent leur indépendance (comme d’autres sur le continent)…Trop tôt ! Les Espagnols ayant remis de l’ordre chez eux reconquièrent en 1815 ce territoire (pas dans la douceur d’ailleurs…6000 morts). Il faut donc attendre la libération de l’Amérique du Sud par Simon Bolivar pour que Cartagena trouve son indépendance définitive en 1821 . Au passage, Simon Bolivar, c’est le De Gaulle Sud Américain puissance 100, le héros continental, le libérateur de l’Amérique du Sud, un super CV quoi ! Pas une ville ne porte une place Bolivar, des rues Bolivar etc…
Voilà pour ce petit panorama historique. Bonne nuit à tous (pour ceux qui ne se sont pas endormis avant).